Le 20 octobre, la région europe-west2 de Google Cloud, à Londres, a connu une panne d’environ six heures. Google l’attribue à un « power event », un incident électrique, dans la zone de disponibilité europe-west2-b. Près d’une quarantaine de produits ont été touchés, et plusieurs banques et services publics britanniques ont été perturbés.
Chronologie de la panne (UTC)
| Heure | Événement |
|---|---|
| 06 h 00 | Début de l’incident selon la page de statut |
| 06 h 08 | Hausse des erreurs d’API et perte de joignabilité dans europe-west2-b |
| 11 h 12 | Google annonce que l’incident électrique est maîtrisé |
| 11 h 58 | Reprise en cours, priorité aux charges existantes ; les créations de ressources peuvent échouer |
| 12 h 10 | Rétablissement de la plupart des charges dans la région |
| 14 h 03 | Incident résolu pour la grande majorité des clients |
Pendant plus de cinq heures, Google n’a donné aucune explication sur sa page de statut, se contentant d’annoncer que l’enquête se poursuivait. Le géant promet une analyse détaillée une fois son enquête interne terminée.
Quels services ont été touchés
La page de statut liste une quarantaine de produits, des briques de base aux services managés :
- calcul et stockage : Compute Engine, Persistent Disk, Cloud Storage, Filestore ;
- conteneurs et serverless : Google Kubernetes Engine, Cloud Run, App Engine ;
- bases de données : Cloud SQL, AlloyDB, Spanner, Bigtable, Firestore, Memorystore ;
- réseau et données : Cloud Load Balancing, Cloud NAT, VPC, BigQuery, Pub/Sub, Dataflow, Managed Service for Apache Kafka.
Google n’a pas communiqué la liste des clients touchés. Revolut a fait état de perturbations sur les paiements par carte, les retraits et les virements. Des utilisateurs ont signalé sur Downdetector des difficultés chez Lloyds, HSBC, Royal Mail, DPD ou Rightmove, sans confirmation de ces entreprises. Le service des tribunaux d’Angleterre et du pays de Galles a rencontré des problèmes avec sa plateforme vidéo d’audiences.
Pourquoi une seule zone a touché toute la région
Sur le papier, une région cloud compte plusieurs zones indépendantes pour qu’une panne locale reste locale. Ici, l’incident électrique concernait une seule zone, mais Google le décrit comme touchant « plusieurs services » de la région europe-west2 dans son ensemble. Google conseillait d’ailleurs à ses clients de migrer, « si possible », leurs charges vers une autre zone ou une autre région.
La reprise a aussi été progressive : Google a d’abord rétabli les charges existantes, et la création de nouvelles ressources a pu échouer plus longtemps. Un détail qui compte, car beaucoup de plans de reprise reposent justement sur la capacité à recréer des instances ailleurs.
Testez votre plan de bascule dans les conditions d’une vraie panne de zone : capacité déjà réservée dans les autres zones, bases répliquées hors de la zone principale, et pas de dépendance à la création de nouvelles ressources pendant l’incident, puisque c’est souvent ce qui revient en dernier.
Ce qu’il faut retenir pour vos architectures
- Le multi-zone ne suffit pas toujours : pour les services critiques, une bascule vers une autre région doit être prévue et testée.
- La concentration est un risque : quand plusieurs banques et services publics dépendent de la même région d’un même fournisseur, une coupure électrique devient un incident national.
- La communication compte : surveillez vous-même vos services et ne comptez pas sur la page de statut du fournisseur pour comprendre rapidement ce qui se passe.